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Le Berry, un objet d'étude possible ?

    Consacrer une étude au Berry peut sembler paradoxal, alors que la province a disparu en 1789, et que les départements qui lui correspondent sont dès lors des entités bien distinctes. Le Berry, comme entité administrative, n'est plus, et l'objet d'étude qu'il représente désormais pourrait se limiter au champ historique, faute de pertinence géographique, sociale ou politique. Sans doute Tr@verses sera-t-il largement dédié à la recherche historique et archéologique. Mais ce serait négliger une certaine persistance, une obstination des origines qui font que le Berry demeure un territoire adéquat pour un travail d'analyse et de recherche, que Tr@verses entend partager et propager.

    Certes, le Berry est bien une construction dont l'objet politique a disparu depuis longtemps.
    La quête des origines nous conduit au temps de la Gaule, ou, pour mieux dire désormais, au territoire des Celtes. Les Bituriges Cubi y occupent un espace que l'on peut convenir d'appeler Berry, par ses contours qui resteront globalement inchangés jusqu'à la disparition des provinces, lors de la Nuit du Août 1789.

    Mais allons aux origines, ou du moins à ce qui peut en tenir lieu, pour le Berry, la civitas des Bituriges. Organisée en cinq, voire six à sept pagi, le territoire des bituriges recoupait sensiblement l'espace du Berry. Alors que Gorgobina (Sancerre) appartenait aux Eduens, Levroux, Argentomagus, Hérisson et Avaricum organisaient le contrôle de l'espace et son administration, militaire et fiscale, en faisant un véritable Etat naissant. Le Berry existe désormais. L'archidiocèse de Bourges reprend ses contours au IIIe siècle, puis l'intégration du comté de Bourges, en 1100, fait entrer le Berry dans le domaine royal de France.

    Un droit coutumier commun au Berry maintient un lien entre les espaces qui le constituent, même si des coutumes locales subsistent, alors que des contestations sur ses confins ont lieu. C'est bien dans ce cadre provincial que sont réunies les assemblées chargées de les mettre par écrit. Cependant le Berry constitue bien alors un territoire administré et conçu comme un ensemble cohérent. Dans son mémoire sur la généralité de Bourges, l'intendant de Y de Séraucourt prend bien soin de distinguer un duché, réduit à quelques lieues carrées, du Berry à proprement parler, généralité scindée en deux parties presque égales par le Cher.

    Le Berry n'a jamais eu de Parlement. Pays d'élection, il est administré par le pouvoir royal représenté par un intendant. L'expression des intérêts locaux n'a guère pu se faire qu'à l'occasion des rares convocations des Etats Généraux du Royaume, autant dire rien de 1614 à 1789. Cependant la création de l'assemblée provinciale de Berry rompt, tardivement, avec cette tradition de centralisation nationale, qui explique certainement une absence d'affirmation de l'identité de la province berrichonne. L'institution a des prérogatives limitées, essentiellement liées aux travaux publics et au développement économique, mais permet aux élites locales d'être représentées et organisées. D'une certaine manière, l'expérience de l'Assemblée Provinciale annonce le conseil général du futur département, par sa composition et ses prérogatives si ce n'est par ses contours.

    Vient la Nuit du 4 Août 1789. En abolissant les privilèges et les ordres, cet événement fondateur de la France moderne rend obsolètes les circonscriptions qui les structurent, et appelle à une nouvelle division territoriale rompant définitivement avec les provinces de ce qui devient l'Ancien Régime. Ainsi, avec les lois de novembre-décembre 1789, la France est organisée en départements et en communes, et le Berry est décomposé en deux départements. L'Indre et le Cher apparaissent, et le Berry n'intéressera plus que les historiens et les "amateurs de vieux langages", ainsi qu'un mouvement régionaliste, au XIXe comme au vingtième siècles.
    Pourtant les liens entre les deux départements restent. Ils sont d'abord géographiques : la proximité, bien sûr, le réseau routier qui lie multi-séculairement les villes du Berry n'a pas été effacé par la superposition de l'autoroute. Bourges, Châteauroux et Issoudun structurent toujours un territoire, qu'un destin, et peut-être des projets communs peuvent rendre à nouveau pertinent.

    Une communauté de destin ?
    Le destin démographique de nos deux départements n'est pas identique , mais l'inquiétude est la même. Les projections démographique des deux départements berrichons sont sans appel : l'INSEE envisage moins de 300 000 habitants pour le Cher en 2050 , contre 312 000 en 2013. Aujourd'hui peuplée de 228 000 habitants, l'Indre perdrait 10 % de sa population . Surtout, un tiers des habitants aurait alors plus de 65 ans, et nos deux départements berrichons seraient les seuls à régresser dans une région Centre-Val de Loire en croissance de plus de 160 000 habitants. Faible attractivité, non-renouvellement de la population feraient du Berry une zone de déprise d'une région où la population serait de plus en plus concentrée sur l'axe ligérien. Ces questions concernent directement l'avenir du Berry, au plan social comme institutionnel. Une population vieillie et moindre demande une administration autre.

    En conséquence, une fusion départementale peut-être envisagée, à un terme plus ou moins proche. La mesure ne règlera pas les problèmes concrets d'administration d'un territoire de moins en moins peuplé, à la faible densité, mais s'inscrit dans une logique en oeuvre depuis des décennies, un effort de "rationalisation" de la dépense publique et de son administration. C'est un risque de voir deux départements réunis, non par une communauté de projet, mais par la contrainte budgétaire et la pression extérieure. Remarquons que lors de la lente maturation de la nouvelle organisation territoriale, de nombreux schémas furent envisagés, de la disparition pure et simple du département, à une répartition nouvelle de ceux-ci entre les Grandes Régions. L'Indre pouvait alors être rattaché au Limousin, et le Cher à une région parisienne au poids immense. Cette piste fut abandonnée et les deux départements berrichons furent confortés dans une région Centre-Val de Loire aux contours inchangés, seule du genre. Le Berry est maintenu de fait, mais est-il pensé ou organisé ?

    Cependant, une communauté d'intérêts, que des projets des deux départements peuvent traduire, ouvre un avenir à un Berry reconstitué. C'est probablement le développement économique et le soutien aux infrastructures qui l'illustrent le mieux. La promotion du transport aérien opéré par l'aéroport de Châteauroux-Déols, et son soutien par le département du Cher montrent qu'une voie partagée existe. Le dépôt et la publicité de la marque Berry Province, de son tourisme, peut-être un jour de son industrie comme a su le faire la Bretagne depuis longtemps, offrent des opportunités de développement local qu'on ne saurait ignorer. La reconstruction d'une identité, peut-être initialement un peu artificielle, peut jouer un rôle.

    Tr@verses y contribuera.

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Denière Mise à jour : 20 janvier 2020
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